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Québec : Référendum de 1995, Jacques Parizeau avait raison… le lendemain.

Le vrai test pour la démocratie québécoise est survenu en 1995 lors du référendum sur la souveraineté. Le soir de la défaite du camp du OUI, Jacques Parizeau aurait improvisé un discours qui restera dans les annales. Il a commencé par dire, C’est raté, mais pas de beaucoup. (…) Si vous voulez, on va arrêter de parler des Francophones du Québec. On va parler de NOUS. À 60% on a voté pour (…) On s’est bien battu, et NOUS, on a quand même réussi à dire ce qu’on voulait (…). Ainsi, Jacques Parizeau a laissé comprendre que le pays qu’il voulait construire était une affaire de Québécois de souche exclusivement. Il confirme sa vision en ajoutant : la prochaine fois, au lieu d’être 60 ou 61% à voter OUI, on sera 63 ou 64 et ça suffira. C’est tout. Puisque 60% des Québécois de souche avaient voté OUI, c’est uniquement l’augmentation de leurs voix qui pourrait lui permettre de réaliser son projet.

Parizeau a renforcé son message jugé par plusieurs comme ethnocentrique. Il a dit : C’est vrai qu’on a été battu au fond par quoi? Par l’argent et des votes ethniques essentiellement. Bien qu’elle passera à l’histoire pour l’intolérance manifestée envers les communautés ethniques, cette affirmation en soit, est une simple vérité. Plusieurs analystes ont fait la démonstration que le camp du NON avait fait des dépenses bien au-dessus des limites permises par la loi québécoise et que les Anglophones et les Allophones avaient voté majoritairement pour le NON. Mais ce propos ne pouvait pas être tenu publiquement par un politicien qui aspire à devenir le chef d’État d’une nation naissante qui doit être construite sur les bases de la diversité et de la tolérance.

Le lendemain de la défaite, Jacques Parizeau a remis sa démission. Il a dit : Il y a une frontière que j'ai été incapable de franchir. Je n'ai pas réussi à faire en sorte qu'une proportion significative de nos concitoyens anglophones et allophones se sente solidaire du combat de leurs voisins. Parizeau avait finalement compris que dans un système démocratique, un camp ou un candidat ne peut pas reprocher à un électeur de ne pas choisir son option. Il ne peut que questionner sa stratégie pour amener le maximum d’électeurs à voter pour lui.

Même si les souverainistes avaient tout mis en œuvre pour convaincre les Anglophones et les Allophones que l’indépendance du Québec leur offrirait un mieux-être, une meilleure qualité de vie et des perspectives pour eux, leurs familles et leurs enfants, le discours d’exclusion prononcé par Parizeau est venu confirmer leurs pires appréhensions.

Le soir de la défaite, Jacques Parizeau conclut son discours en disant : Et là mes amis, dans les mois qui viennent (…), il y a des gens qui ont eu tellement peur que la tentation de se venger, ça va être quelque chose. Et là jamais il ne sera aussi important d’avoir à Québec ce gouvernement du Parti québécois pour nous protéger. Plus que tous les autres éléments de ce qu’il avait dit, c’est cette notion de la peur de l’autre, de vengeance et du besoin de se protéger de l’ennemi qui aurait pu créer une situation explosive. Malgré tout, la démocratie québécoise est sortie intacte de cet épisode qui dans d’autres pays aurait pu tourner à la catastrophe.

Frederic Boisrond, MBA

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