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QATAR : Un dictateur qui investit en Occident est-il un démocrate? Ça ressemble à ça!

Cheikh Hamad al-Thani est le dirigeant du Qatar. Cet émirat se classe au 2ième rang mondial pour son revenu par habitant (PIB) après le Luxembourg. La constitution du Qatar prévoit que le pouvoir se transmet par hérédité de l’Émir à son fils musulman, né d’une mère qatarie. Le 31 mars 2003, on pouvait lire dans le journal Le Monde que l’article 17 de cette constitution prévoit que la rémunération de l’Émir est fixée par l’Émir lui-même. L’article 67 prévoit que c’est l’Émir qui nomme et congédie l’ensemble du personnel militaire, le Premier ministre et les ministres. Ces règles de fonctionnement suffisent pour qualifier ce système d’absolutiste et archaïque. Pourtant, Cheikh Hamad al-Thani a réussi à positionner le Qatar comme un champion de la démocratie. 

Le Qatar a été un des premiers pays à participer au renversement de Kadhafi. Une dictature qui en renverse une autre au nom de la démocratie. Absurde! Plus absurde encore, Barack Obama a remercié l’Émir du Qatar pour sa contribution au développement de la démocratie au Moyen-Orient. Obama avait jugé bon de dire que l’Émir était motivé par une volonté de voir les Libyens accéder aux mêmes droits que les autres peuples et qu’il avait entrepris des discussions avec lui pour trouver des moyens de poursuivre le travail de promotion de la démocratie. Ce que Barack Obama a omis de dire, c’est que l’Émir ne reconnait pas ces mêmes droits et libertés à son propre peuple.

Lors du Sommet de la francophonie de 2012 à Kinshasa, Pauline Marois, Première ministre du Québec a refusé de rencontrer Joseph Kabila, Président de la République démocratique du Congo dont les élections ont été contestées par ses opposants et par la communauté internationale. Stephen Harper, Premier ministre du Canada, a demandé que les prochains sommets se tiennent dans des pays démocratiques. Les deux leaders canadiens ont passé sous silence le fait que le Qatar, soit  entré directement dans l'Organisation internationale de la francophonie en tant qu’État associé sans passer par le statut d’observateur. Pourtant, le Qatar n’est ni francophone, ni démocratique.

Une telle tolérance indécente est justifiée par le pouvoir économique du Qatar qui a enregistré une croissance de 16% et qui bénéficiait d’un excédent budgétaire de 2,7 milliards d’Euros en 2010. Pour rentabiliser leurs excédents financiers, les autorités qataries ont créé en 2005 le Qatar Investment Authority (QIA). Ce fonds a pris des parts dans le London Stock Exchange et dans la banque Barclays. Il a sauvé Porsche de la faillite. Avec le QIA, le Qatar s’est payé l’équipe de football Paris St-Germain. Il a acheté  des immeubles parmi les plus en vue sur les Champs-Élysées. De toute évidence, l’absence d’un système parlementaire et d’élections libres, les traitements dégradants des immigrants et l’infériorité juridique des femmes ne font pas le poids devant les investissements qui permettent de sauver des emplois en Occident et de préserver des fleurons du capitalisme.

Selon le journaliste, Charles Enderlin, les largesses de l’Émir profitent à tellement d’intérêts contradictoires aux quatre coins du globe que plus personne n’est capable de développer un discours critique cohérent sur les manquements de l’émirat à des principes de bonne gouvernance. Il ajoute que ce n’est pas le moindre des mérites de l’Émir que d’avoir pris les Occidentaux à leur propre piège. Le Qatar a réussi, grâce à ses pétrodollars à démontrer que l’interprétation des idéaux démocratiques ne sont pas les mêmes selon que vous soyez riches ou misérables.

Frederic Boisrond, MBA

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