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LIBYE, au nom de la démocratie… vraiment?

Le changement en Libye survient dans un contexte où les pays émergents ont développé des rapports avec l’Afrique sur une base d’affaires sans égards aux droits humains et à la gouvernance. À l’opposé de cette politique de non-ingérence, les pays occidentaux persistent à imposer la démocratie, le buzzword porteur de civilisation et guérisseur de tous les maux. Au centre de cette confrontation, il y avait Mouammar Kadhafi, l’imprévisible qui avait prouvé maintes fois qu’il était trop ambitieux pour défendre les intérêts des autres.

Pendant l’embargo qui a débuté en 1992, absent des radars de l’Occident, Kadhafi s’était discrètement positionné comme le maitre de l’Afrique. Il y avait financé autant de révolutionnaires que des dictateurs. Il a contrôlé plusieurs économies avec ses pétrodollars. Il a initié et financé la création de l’Union africaine. Mais L’UA n’était qu’un embryon du son grand projet. Il voulait créer les États Unis d’Afrique et doter le continent d’une banque centrale et d’une monnaie unique. Ce projet a longtemps été perçu comme une utopie sortant de l’esprit d’un hurluberlu mégalomane. Sauf que Kadhafi avait les moyens de ses ambitions. Il avait convaincu plusieurs chefs d’États qu’une union politique et économique donnerait aux Africains la possibilité d’avoir plus de contrôle sur leurs richesses et sur le choix de leurs partenaires économiques. Le premier bénéficiaire de la mise en place de ce néo-panafricanisme fut l'Afrique du Sud qui a créé une structure favorable à la multiplication des investissements étrangers pour réaliser son projet d’éradication de la pauvreté par la croissance. Ce pays est ainsi devenu la première force économique du continent et le 5ième acteur du groupe des pays émergents (BRICA).

Pendant que les pays occidentaux peinaient à se relever de la crise économique, les pays émergents ont accéléré leur présence en Afrique. Le Brésil y a ouvert une dizaine de nouvelles ambassades et a triplé ses échanges. La Russie a signé plusieurs accords sur les hydrocarbures et l’armement. L’Inde avec des partenariats commerciaux a vu ses échanges atteindre 31 milliards de dollars en 2009-2010. La Chine avec une politique d’acquisition a augmenté ses échanges commerciaux à 127 milliards de dollars. Kadhafi s’était imposé comme l’interlocuteur de ces nouveaux conquérants et leur avait offert la Libye comme porte d’entrée de son Afrique pour ainsi réduire la part de marché de l’Occident. Résultats, les pays émergents se sont emparés de près de 40% du total des investissements étrangers en Afrique en moins de 10 ans.

L’Afrique c’est un milliard de consommateurs. En 2020, les plus nantis dépenseront 585 milliards de dollars. L’Afrique c’est du pétrole, du coton, du cuivre, des diamants, de l’or, de l’uranium, des terres agricoles et un réservoir de main-d’œuvre à bon marché. Les pays émergents n’ont pas de passé colonial. Ils misent sur leur capital de sympathie pour y faire des affaires. Les occidentaux qui n’ont pas innové dans la façon de faire des affaires avec les pays en développement, persistent à imposer leurs valeurs et à choisir leurs interlocuteurs par des méthodes guerrières. C’est ce à quoi a servi l’intervention de l’OTAN en Libye. La défaite programmée de Kadhafi, un autre collaborateur jetable, est une étape de cette guerre économique dont un des objectifs pressants est de faire une nouvelle main-basse sur l’Afrique.

Frédéric Boisrond MBA

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