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GRÈCE : Naissance et mort de la démocratie

Vers la fin du VIe siècle av. J.-C, le monde vit sous la domination d’empereurs et de rois. En Grèce, apparait le premier véritable exemple de société démocratique. Les Grecs ont mis en place un système qui permet la libre expression des citoyens, la participation de ces derniers dans les affaires de l’État. En 2011, le pays qui a vu naitre la démocratie a vu ses leaders faire fi des principes fondamentaux au profit des intérêts de leurs bailleurs de fonds.

En 2010, La Grèce avait un endettement équivalent à 210 % de son PIB. Les marchés financiers ont craint que le pays soit incapable de rembourser sa dette publique. Cette année-là, le FMI avait accordé une aide de 550 milliards d'euros à la Grèce assujetti à une réduction du déficit. La mise en place des politiques pour atteindre cet objectif a eu un impact direct sur le taux de chômage et les services sociaux. Il s’en est suivi d’une mobilisation citoyenne dans les principales villes du pays. 

En octobre 2011, un autre plan de sortie de crise (le plan de Bruxelles) prévoyait un prêt de 130 milliards d'euros à la Grèce et la radiation de 50% de sa dette publique. Évidemment, pour se réaliser, ce plan prévoyait un meilleur contrôle des finances et des mesures qui auraient un impact direct sur le niveau de vie des citoyens. Devant une mobilisation citoyenne soutenue, le Premier ministre Georges Papandréou a proposé de soumettre le plan à un référendum.

Dès l’annonce du référendum, la Bourse de Paris a subi une baisse de plus de 3%, la Bourse de Francfort a plongé de plus de 4%, Milan a chuté de 5%, Madrid 3,78% et Londres 2,54%. Paniqués par la chute des bourses et par des sondages qui indiquent que près de 60% des Grecs rejetteraient leur projet, le Président français Nicolas Sarkozy et la Chancelière allemande Angela Merkel ont exigé la mise en œuvre immédiate du plan de sauvetage. À défaut de respecter l’engagement, ils ont menacé de couper les vivres, refuser les éventuels résultats d’un référendum à moins que la consultation ne porte uniquement sur l’appartenance de la Grèce à la zone Euro. Devant un tel ultimatum et n’étant pas en position de force, George Papandréou a abandonné le projet de référendum. 


Le referendum aurait permis d’exercer la démocratie dans sa plus simple expression. C’est la seule forme de démocratie directe pour permettre aux citoyens de participer aux affaires de l’État. C’est la forme de consultation la plus démocratique qui soit. Cette consultation auraient permis aux Grecs de signifier le niveau de sacrifice qu’ils auraient consenti pour sauver leur économie et celle de la zone Euro. Le référendum aurait placé le sort du pays entre les mains de ceux et celles qui devraient composer avec la réduction des services sociaux, le chômage, payer la dette ainsi que les intérêts qui y sont associés. L’Europe a exigé et obtenu du Gouvernement grec que les conséquences économiques et sociales soient imposées aux citoyens sans les débats qui auraient permis la compréhension et les conséquences du plan de Bruxelles. En excluant le référendum, la classe politique européenne a démontré que les choix se faisaient sans tenir compte de l’opinion et du sens des responsabilités des citoyens et elle fait la a démonstration que la volonté populaire n’a pas sa place si elle est en contradiction avec les intérêts économiques. Les citoyens ont ainsi été exclus de la solution qu’ils doivent subir. Les élus ont exercé leur droit de parler au nom du peuple plutôt que laisser le peuple se prononcer.

Frédéric Boisrond MBA

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