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Haïti : Le renversement de Jean-Bertrand Aristide a été préparé dans les années 60

En Amérique latine, dans les années 60, on est passé de sociétés fortement politisées à des dictatures féroces. Ce fut la réponse américaine à la Révolution cubaine, au communisme et à l’expansion des mouvements de gauche en Amérique. Cette réponse a donné des dictatures en Haïti et en République dominicaine, un coup d’État contre Salvador Allende au Chili, des dictatures militaires au Paraguay, au Brésil, en Bolivie, au Pérou et en Argentine tous soutenus par les États-Unis.


En réponse à l’idéal communiste, les États-Unis avaient créé l’École des Amérique, un centre de formation où ils ont formé et entrainé plus de 60 000 militaires du continent. Parmi les gradués de cette école figurent les officiers salvadoriens qui ont organisé l'assassinat de Mgr Oscar Romero en 1980, les putschistes argentins Viola, Videla et Galtieri et les célèbres dictateurs Augusto Pinochet, Anastasio Somoza et Manuel Noriega. En 1998, le Colonel guatémaltèque Byron Lima Estrada, ancien élève de l’École des Amériques a été reconnu coupable du meurtre de l’Archevêque Juan Gerardi.


Figurent aussi sur la liste des diplômés, les plus féroces agents de la répression sous Duvalier, les Haïtiens Franck Romain, Claude Lebreton, François Benoit, Émile Wooley, René Prosper et Jean Tassy. Parmi les derniers gradués de l’École des Amériques on retrouve le lieutenant-colonel Michel François, chef de la police d’Haïti qui, avec les Généraux Raoul Cédras et Phillipe Biamby, a participé au renversement du Président Jean-Bertrand Aristide en 1991. Sans expérience et mal préparé pour le pouvoir, Jean-Bertrand Aristide avait oublié que Ronald Reggan avait envahi la Grenade en 1984, opération qui a permis d’éliminer le Premier ministre Maurice Bishop, un populiste et marxiste proche de Fidel Castro. Au cours de la même période, les États-Unis ont éliminé le mouvement sandiniste au Nicaragua en armant les opposants (La Contra) et en finançant l’élection de la candidate de droite, Violetta Chamorro.


Pour comprendre le renversement d’Aristide, un populiste qui tenait des discours inspirés de la théologie de la libération, il faut remonter aux objectifs premiers de l’École des Amériques qui est celui de contrer les mouvements de gauche. Aristide avait perdu de vue que les États-Unis avaient horreur de cette idéologie et qu’ils avaient les moyens de choisir le type de gouvernement qui peut exister sur leur continent. Avec le renversement d’Aristide, Haïti est redevenu le laboratoire de la liberté et de la démocratie puisqu’il a permis au Venezuela, à la Bolivie et au Brésil de comprendre et de trouver les moyens pour contourner les obstacles imposés par les États-Unis et pour faire élire et maintenir au pouvoir des gouvernements de gauche. Les conséquences qui ont suivi le coup d’état en Haïti ont encore été, une fois de plus, un lourd prix à payer par les Haïtiens pour permettre à d’autres d’être maitres chez eux.

Frederic Boisrond, MBA

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